Santé produits dangereux

Tout ce qui peut être nocif pour notre santé et pour l'environnement

Dépigmentation volontaire de la peau

Un phénomène mondial

La mode du « blanchiment »  ou dépigmentation volontaire est née aux Etats-Unis dans les années 1960, quand on a découvert, par hasard, le pouvoir éclaircissant de l’hydroquinone sur les peaux noires des travailleurs de l’industrie du caoutchouc, où ce produit chimique est utilisé. Les crèmes dépigmentantes se sont ensuite répandues en Afrique, puis dans le reste du monde, des Philippines à la Corée du Sud, de l’Inde à Taïwan. Elles représentent aujourd’hui près de 10% du marché cosmétique en Asie, où 62 nouveaux produits de ce type ont été introduits en 2006, en progression de 40% depuis cinq ans, selon la société d’études Datamonitor. Un marché juteux, quand on sait que les femmes à la peau foncée dépensent en moyenne près de six fois plus que les peaux caucasiennes en produits de soins pour la peau ou les cheveux. Les magrhébines et certaines antillaises le pratiquent également.

Les raisons qui motivent cette démarche sont diverses au sein d’une même population, et peuvent varier d’un pays à l’autre :

  • le traumatisme post-colonial pour certaines populations.
  • l’influence des médias : beaucoup de personnes s’identifient aux icônes des magazines de mode, aux modèles de produits cosmétiques. Quand on sait qu’il y a beaucoup de retouches photo dans le milieu du marketing selon la population ciblée : une marque de cosmétiques aura tendance à présenter (retoucher) un même modèle de couleur avec un teint plus clair si la population ciblée est l’Asie, par exemple.
  • l’influence de l’entourage : de nombreuses femmes s’y sont mises en voulant suivre le « mouvement » de leur entourage ; après avoir eu des retours positifs de leurs amies, elles veulent suivre leur exemple. Les hommes s’y sont mis également.
  • l’ascension sociale : certaines personnes (hommes comme femmes) pensent qu’un teint plus clair leur ouvrira plus de portes, particulièrement dans le secteur professionnel.
  • pour le pouvoir de séduction : certaines femmes sont convaincues qu’elles plairont davantage aux hommes en éclaircissant leur peau car elles sont convaincues que ces derniers préfèrent les peaux claires… ce qui n’est pas totalement faux dans certaines populations où au moins un tiers des hommes affichent cette préférence pour les teints clairs ; certains maris même encouragent leurs femmes à s’adonner à cette pratique car le « paraître » est leur principale préoccupation.
  • par souci esthétique en vue d’uniformiser leur teint ou de gommer les tâches brunes disgracieuses : on souligne moins souvent ce souci, et pourtant, de nombreuses femmes de couleur (pas que les peaux noires, mais également des Sri Lankaises et bien d’autres) présentent des zones de différentes couleurs tant au niveau du corps (coudes, genoux et parfois fesses plus sombres) qu’au niveau du visage (certaines ont au moins deux teintes différentes au visage).

Il faut savoir que les peaux très pigmentées (particulièrement les peaux noires) subissent facilement des microtraumatismes et marquent rapidement et longtemps, en particulier tâches brunes disgracieuses (marques de boutons, piqûres de moustique qu’on gratte). Ainsi, les peaux noires ou métissées présentant des marques, cherchent à « gommer » ces tâches disgracieuses, mais aussi à uniformiser leur teint car j’en sais quelque chose, étant métisse (malgache-allemande), les coudes et les genoux plus sombres (et aussi certaines zones des fesses, du buste), on s’en passerait bien ! Mais pourquoi ne pas opter pour des produits sains ? Pas à la portée de toutes les bourses probablement.

S’il est vrai que la plupart des peaux chocolatées souhaitent non pas avoir une peau blanche mais « café au lait », ou encore avoir un teint bien uniforme, il y en a qui tombent dans l’extrême, comme Sammy SOSA

depigmentation volontaire

Il lui suffisait d’uniformiser son teint plutôt que de tomber dans la « pâleur ».

Ainsi que Vybz Kartel et son cake soap
 

Quels sont les composants dangereux dans les produits éclaircissants ? Quels dégâts peuvent-ils causer ?

Les composants ci-dessous sont souvent combinés dans un même produit dit éclaircissant, afin d’en augmenter les effets dépigmentants sur la peau, ce qui conduit également à une étendue des dégâts plus importante. Cette pratique repose sur l’usage de produits détournés de leur usage médical ou de produits illicites (les composants énumérés ci-dessous sont interdits dans les produits cosmétiques en Europe.

L’hydroquinone : Benzène-1,4-diol ou paradiphénol

Réglementation : l’hydroquinone est interdite dans les cosmétiques en Europe (annexe II de la directive 76/768/CEE modifiée relative aux produits cosmétiques – numéro d’ordre 1339) en dehors des préparations pour ongles artificiels à la concentration maximale de 0,02% dans le cadre d’un usage professionnel.

L’hydroquinone en solution aqueuse a de nombreuses utilisations principalement en raison de son action comme agent réducteur. C’est l’un des composants majeurs dans le développement photographique où, en présence de Metol (ou 4-(méthylamino)phénol), elle réduit les sels d’argent exposés, invisibles, en argent métallique.

Généralement employé par les photographes dans le développement des clichés N&B, c’est une substance très toxique pour les mélanocytes (cellules pigmentaires) car elle en réduit le nombre dans la peau et provoque des irritations locales. Ce dérivé de glucide freine la synthèse de la mélanine par inhibition de la formation de l’enzyme tyrosinase¹. L’usage de produits contenant une forte concentration de cette substance provoque des troubles pigmentaires (tâches blanches sur la peau dues à l’hypopigmentation, achromie, et parfois l’inverse, une hyperpigmentation, irritations, eczéma). Son absorption en grande quantité peut entraîner la mort.

Peu biodégradable et toxique pour les poissons, elle est dangereuse pour les écosystèmes, en particulier pour les eaux. Ce produit est nocif car il contient du benzène, un dérivé du phénol notamment. Une fois utilisé, comme les huiles ou les piles usagées, ce produit doit être déposé dans une décharge spécialisée pour ne pas polluer l’environnement. Le révélateur peut faire l’objet d’un traitement thermique dans une installation chimique appropriée.

Marques de produits utilisant ce composant dans certains de leurs produits (lait, crème, gel, huile et certaines l’incorporent aussi dans leurs savons) : 42 heures juste, 7 Miracles, Abana, Akagni, Alpha Omega cosmetics, Ambi, Bio Claire, Belle Face, Bicu, Blackstar, Body clear, Caro Light, Caro white, CBL, Charms, Claire Lady, Clairliss, Clear Essence, Clear skin, Dawmy, DD dynamy, Dear Hear, Dermaliss, Doctor Z&C, Eloge, Emos, Eva Clairence, Extra Clair, Fair & White, FK33+Grace, Gigy, HT 26, Immédiat clair, JCB Skin Care, L’Abidjanaise, Makari, Maxi White, Métic’ée, MGC, Niomré, Niuma, P-Care, Peau claire, Peau de Rêve, Phytoderme, Piment Doux, Prima Skin Faire N Lite, Proxima, QEI+ Paris, Rapid Clair, Rapide 7 jours, Reine d’amour, Revolution HP 25, Rosance RX 18, Santarde, Sivoclair, Skin Light, Star Cosmetic, Top-tone, Vénus de Milo, Willy. Et 2 marques combinent 2 actifs (Hydroquinone + corticoïde estérifié) dans certains de leur produit (lait ou crème ou les deux) : GG et Vit-Fée.

(1) enzyme qui permet la synthèse de la mélanine.

Attention également aux produits avec l’étiquetage « sans hydroquinone »
Dans la vidéo ci-dessous, les douanes du Havre ont saisi + de 20 000 produits en provenance d’Afrique à destination de la région parisienne. Parmi les produits saisis, certains portent la mention « sans hydroquinone » et, afin de nous tromper davantage, ose sans aucun scrupule mentionner « Activateur Bio-Végétal Naturel », ce n’est pas du foutage de gueule, ça ? Et bien entendu, après analyse, il s’avère que ces produits censément sans hydroquinone, en contiennent bel et bien.

Les corticoïdes

Réglementation : leur incorporation dans la composition de produits cosmétiques est interdite (annexe II de la directive 76/768/CEE modifiée relative aux produits cosmétiques – numéro d’ordre 300).

*L’hydrocortisone est un corticoïde de faible activité (peu puissant) : dans une formule éclaircissante, il est utilisé à la fois pour limiter l’irritation que l’hydroquinone peut occasionner, et parce que l’hydroquinone se révèle également plus efficace (plus « dépigmentante ») quand elle est associée à un corticoïde… là, on cumule carrément les composants nocifs pour que ce soit plus efficace !

*Le quinacore ou la depigmentation par injection : produit destiné à soigner les rhumatismes, le quinacore est aussi utilisé pour dépigmenter la peau. La particularité de ce produit, est l’effet secondaire produit : il blanchit la peau du patient. Des femmes se font aussi injecter du quinacore pour obtenir une peau claire harmonisée. Pourtant, estiment les spécialistes, toutes ces pratiques sont très dangereuses pour la santé.

L’injection de quinacore blanchit la peau certes, mais de sources médicales, il affaiblit le système immunitaire, au point de le rendre vulnérable aux agressions externes. Même les plus bénignes.

*Le propionate de clobétasol : c’est un corticostéroïde topique de la famille des glucocorticoïdes prescrit dans le traitement des maladies de la peau, notamment les cas graves de psoriasis et de dermite eczémateuse. À partir d’une certaine quantité de ce dérivé fortement cortisonné, il passe dans le sang et entraîne des complications générales.

Marques de produits utilisant ce composant dans certains de leurs produits (crème ou gel) : Bétasol, Bio Claire, Carotone, Carowhite, Charme, Civic, Clobetaderm, Clovate, Dermovate, Diana, Diproson, Diva Maxima, Edguard, Fashion fair, G & G , H 20 Jours, L’Abidjanaise, L’Ivoirienne, La Bamakoise, Lemonvate, Lissa White, Lumière, Movate, Noemat, Niuma, Plaisir, Perfect White, Pure Skin, Rapid Clair, Rodis, Skin Success, Tenovate, Topifram.

*Le fluocinonide : c’est un corticostéroïde de la famille des glucocorticoïdes prescrit pour soulager des éruptions cutanées inflammatoires telles que l’eczéma et la dermatite séborrhéique.

Marques de produits utilisant ce composant dans certains de leurs produit : Dermogel plus, Topgel.

*Le dipropionate de bétaméthasone ou la bétaméthasone : ce sont des corticostéroïdes topiques de la famille des glucocorticoïdes prescrit pour soulager les symptômes inflammatoires et les démangeaisons présents dans les cas de psoriasis sévères, les éruptions cutanées (l’eczéma, la dermatite de contact, la dermatite séborrhéique et le prurit sénile) ainsi que les cicatrices hypertrophiques. C’est est également un excellent immunosuppresseur (elle inhibe la réaction immunitaire de l’organisme).

Marques de produits utilisant ce composant dans certains de leurs produits : Diproson, Maxim, Néoprosone, Prosone.

Effets indésirables pour les produits à base de corticoïdes : l’usage prolongé de ces produits rend la peau hypersensible, qui finit par présenter les complications cutanées des traitements de longue durée de la cortisone topique telles que des mycoses diverses (dont le pityriasis versicolor), des infections bactériennes (érysipèle, gale), vergetures, atrophies de la peau, peau anormalement fine qui donne une peau parcheminée, acné au visage, hyperpilosité. Mais cela peut entraîner d’autres complications que celles cutanées, telles que le syndrôme de Cushing, insuffisance surrénalienne, hypertension artérielle, diabète, etc.

L’exposition au soleil devient très dangereuse car la peau se retrouvant privée de vitamine D, elle devient vulnérable à toutes les agressions solaires. Voilà qui, selon Madame Banga, esthéticienne cosméticienne au centre de formation en Esthétique Elysee Marbeuf de Yaoundé, ouvre la voie au cancer de la peau, voire aux leucémies (les cancers du sang). La cicatrisation des blessures devient compliquée. Ce qui peut être fatale après une opération chirurgicale.

Marques de produits supplémentaires utilisant un des corticoïdes dans certains de leurs produits (lotion, huile ou crème) mais dont le composant n’a pas été précisé (voir listes diverses dans les documents en source en bas de l’article) et dont je n’ai pas trouvé l’information ailleurs (celles dont j’ai trouvé l’info sont ajoutées dans la liste des marques liés au composant) : 55 H+ Paris, Arche Gold, Clear Touch, DPCI+, MIC Médicinale, Mililo, Palmer’s, POP, Pr Françoise Bedon Paris, Shirley, Zero Mark Natural Fairness.

Dérivés mercuriels

Même si son utilisation est moins répandue qu’avant, on trouve encore des produits éclaircissants contenant de l’iodure de mercure.

Réglementation : l’incorporation du mercure et ses composés dans les produits cosmétiques est interdite (annexe II de la directive 76/768/CEE modifiée relative aux produits cosmétiques – numéro d’ordre 221), à l’exception du thiosalicylate d’éthylmercure sodique (thiomersal) et du phénylmercure et ses sels qui sont autorisés comme agents conservateurs à la concentration maximale de 0,007% en mercure (Hg) (annexe VI, liste des agents conservateurs que peuvent contenir les produits cosmétiques, partie 1 – numéros d’ordre 16 et 17).

Effets indésirables pour les produits contenants des dérivés mercuriels : des complications cutanées (dermatites de contact irritatives, eczéma de contact), des complications rénales ainsi que des neuropathies périphériques ou centrales .

Marques de produits utilisant des dérivés mercuriels dans certains de leurs produits (savons essentiellement sauf une dont il est question d’une crème) : Asepso, Crema de Belleza (crème), Envi 42, Idole, Jaribu, Mekako, Movate, Neko, Niuma, Rico, Sukisa Bango, Roberts.

*Précision : toutes les marques citées ne le mentionnent pas toutes dans leur composition sur l’emballage, certaines sont répertoriées après saisies, enquêtes et retrait sur le marché (voir documents dans les sources en bas d’article).

Rétinoïdes (composés chimiques dérivés de la vitamine A)

*La trétinoïde (vitamine A acide topique)

Son principal usage est le traitement contre l’acné rétentionnelle (kystes et comédons) grâce à ses propriétés kératolytiques² et anti-inflammatoires. Cette molécule a ensuite été sollicitée dans les soins cosmétiques anti-âge ou pour les peaux à imperfections pour son efficacité aussi bien dans le vieillissement dû au soleil que dans le vieillissement programmé. En effet, elle augmente la synthèse du collagène et fait épaissir l’épiderme en stimulant la croissance des kératinocytes. D’où un éclat du teint, une peau plus rosée et des ridules qui s’atténuent. En revanche, l’action sur les rides profondes demeure modeste. Elle ne peut être obtenue que sur prescription médicale.

Le gros inconvénient de la trétinoïne est son pouvoir irritant. Les sujets utilisant cette molécule doivent éviter les expositions solaires, ces dernières favorisant son effet irritant, pouvant même provoquer une véritable photosensibilisation.

Certain(e)s combinent la trétinoïne à l’hydroquinone et de l’hydrocortisone pour rendre la formule encore plus efficace. Mais cette combinaison est aussi plus irritante.

Le danger de ces crèmes est qu’elles contiennent des substances qui traversent la barrière cutanée, ce qui peut entraîner d’autres complications telles qu’une sensibilité accrue aux infections (mycoses), à l’hypertension artérielle, des troubles visuels (glaucome, cataracte…) lorsque les crèmes sont appliquées sur le visage… et pire encore, le décès. Ces produits peuvent entraîner des infections néo-natales pouvant entraîner la mort du futur bébé. Utilisées régulièrement durant des années, cela entraîne diverses lésions graves et irréversibles et peut également provoquer le cancer de la peau.

Le plus grave est lorsqu’on retrouve le trio corticoïdes, hydroquinone et vitamine A acide dans un même produit. C’est généralement utilisé par les dermatologues pour traiter les tâches brunes.

(2) capable de dissoudre la couche de kératine de la peau, principale protéine constituant la couche cornée de l’épiderme.

Acide kojique

L’emploi de l’acide kojique s’est particulièrement développé depuis l’interdiction de l’hydroquinone en Europe. Il peut être d’origine végétale ou synthétique.

Seulement voilà, l’acide kojique présente un potentiel allergisant et irritant pour la peau et les yeux. C’est d’ailleurs pour cette raison que le SCCP (Comité scientifique européen sur les produits de consommation) va revoir sa concentration à la baisse car il estime que ce dernier présente un risque pour la santé du consommateur, dès qu’il est présent à hauteur de 1 % dans un produit de soin. Une concentration souvent atteinte, voire dépassée, dans les crèmes éclaircissantes. D’autre part, la pénétration transcutanée du produit s’avérant assez élevée, et son élimination par l’organisme relativement limitée, le Comité souligne que l’utilisation répétée de produits blanchissants peut aboutir à une exposition systémique supérieure à celle résultant d’une administration en une dose unique. Et recommande une réévaluation des marges de sécurité le concernant.

Depuis plusieurs années, la Suisse mène des campagnes d’analyse sur des produits cosmétiques (j’espère que la France en fait tout autant), et les résultats sont consternants (voir rapport du SCAV de mars 2006 ici : de nombreux produits dépassent largement les concentrations autorisées, et pire encore, renferment des substances illicites (dont l’hydroquinone, alors qu’elle n’est pas mentionnée dans la composition)… je vous laisse imaginer les conséquences. La vigilance est de rigueur.Même si l’on peut être trompé sur l’étiquetage et sur la composition figurant sur l’emballage, il n’est pas difficile d’identifier un produit contenant des substances interdites et/ou dépassant largement les concentrations autorisées : si le résultat est vraiment éclaircissant, voire carrément dépigmentant = composition dangereuse. Un produit respectant les normes sanitaires ne doit donner qu’un résultat clarifiant et uniformisant, et non carrément éclaircissant/dépigmentant.

L’acide kojique est d’ailleurs interdit en Suisse et au Japon.

Oui à la beauté, non à l’auto-destruction et à la dévalorisation

Pour celles qui s’identifient aux stars ou modèles de couleur, posez-vous une seule question : croyez-vous qu’elles prendront le risque de se mettre en danger en recourant à la dépigmentation ? A part quelques cas qui se dévalorisent, y en a très peu ! En dehors du fait que les éclairages de studios photo faussent souvent la teinte réelle du modèle, le milieu du marketing cosmétique n’hésite pas à retoucher les photos d’un modèle pour en modifier le teint pour les besoins des marques selon la zone géographique ciblée (si c’est l’Asie qui est ciblée, le modèle se retrouvera avec un teint plus clair que la normale, par exemple).

Ce n’est pas pour autant que ces stars s’éclaircissent physiquement la peau : je pense particulièrement à Beyoncé et Rihanna dont les soupçons de dépigmentation ont souvent plané ; si elles utilisaient les produits éclaircissants, croyez-vous qu’elles pourraient s’exposer au soleil ? Surtout Rihanna qui se rend régulièrement à la Barbade (sa terre natale) et dont on voit les photos à la plage.

Il ne faudrait pas non plus oublier que les peaux métissées ont des différences de teint entre la saison froide et la saison chaude quand elles vivent dans les pays occidentaux : je suis moi-même métisse germano-malgache vivant en métropole et la différence de teint entre l’automne-hiver et le printemps-été est flagrante ! Pourtant, je n’ai jamais tenté d’éclaircir ma peau, au contraire, j’aimerais garder mon teint cuivré de l’été toute l’année.

Il faudrait aussi que les personnes au teint foncé ou teint mat arrêtent de se dévaloriser : ce sujet me prend à coeur car si aucun membre de ma famille n’a touché à ces produits, j’ai vu l’amie de ma mère tomber dans cette spirale il y a quelques années. Cette magnifique Djiboutienne était passée d’une belle peau chocolatée toute nette à un teint plus clair mais irrégulier avec des imperfections. Cette femme très côtée auprès des hommes aussi bien occidentaux que de couleur, s’était emboucannée toute seule dans sa tête ! Quand on la voit, on se demanderait plutôt comment une nana aussi canon peut se fabriquer inconsciemment de tels complexes ? Elle a fini par arrêter et heureusement qu’à son stade, ce n’était pas irrécupérable, les dégâts n’étaient pas majeurs… mais cela aurait pu l’être !

On est au 21e siècle, bon sang ! Avançons ! Aujourd’hui, on ne peut pas dire qu’on est invisible dans le milieu cosmétique, il y a des marques cosmétiques (M.A.C, Make up forever, Black up, Sleek, Iman cosmetics, Kanellia, Fashion fair, Black Opal, Milani, etc.). qui proposent des produits déclinés dans diverses nuances, adaptées aux peaux noires, métissées, latines, indiennes et autres. Même les marques traditionnelles ont ajouté certaines teintes à leurs produits, même si la diversité des nuances n’est pas aussi complète que les premières. Et demain, elles se multiplieront davantage.

Après, pour les soins hydratants, perso, je ne tape pas dans les soins destinés aux peaux noires ou métissées et ma mère idem : on choisit des soins hydratants qui conviennent à la peau de notre visage, surtout moi qui ai une peau réactive au visage, je privilégie les soins sans parfum (de synthèse comme avec huiles essentielles), avec une compo plutôt simple (quand j’ai le temps, je me confectionne mon propre soin hydratant avec des composants que je sais que je supporte car même dans le naturel, y a des ingrédients que ma peau ne supporte pas).

Troquez vos produits dépigmentants nocifs pour des produits clarifiants et uniformisants

Comme le souligne si bien le Dr Antoine Petit, dermatologue à l’hôpital Saint Louis (Paris), compte tenu des tromperies sur l’étiquetage, il faut avoir le bon réflexe pour identifier un produit nocif : si le produit apporte une dépigmentation importante, nous sommes face à un produit nocif. Au contraire, si le produit se contente de clarifier et d’uniformiser, le produit a des chances d’être sain à ce niveau.

En France, la fondatrice de l’association Label Beauté noire, Isabelle Mananga-Ossey, rêve de créer en partenariat avec les fabricants et les distributeurs un label « de non-nocivité », qui permettrait aux usagers de distinguer les produits de qualité – moins efficaces, peut-être, mais moins destructeurs.

La mairie de Paris estime qu’aujourd’hui 20% des femmes noires de la région Ile-de-France s’éclaircissent la peau. Pour y remédier, elle a lancé une grande campagne de prévention dans les trois arrondissements les plus concernés par ce phénomène: le Xe, le XVIIIe et le XIXe. Le mot d’ordre: « Séduire…oui! Se détruire…non! ». « Il faut que les femmes comprennent que se dépigmenter la peau est un phénomène irréversible et lourd de conséquences », assure Emilie Malbec, coordinatrice santé au sein de l’association Uraca (Unité de réfléxion et d’action des communautés africaines), partenaire de la ville de Paris dans cette campagne.

À l’heure actuelle, les ingrédients actifs reconnus sains à ce niveau sont des crèmes à base d’arbutine (très utilisée par les marques cosmétiques de l’Asie de l’Est, particulièrement les produits japonais et sud coréens) et celles à une certaine concentration d’AHA… après, tout dépend la tolérance de notre peau, car même les composants les plus sains ne garantissent pas forcément une parfaite innocuité. Pour ma part, ma peau ne tolère pas les AHA, même en petite quantité (démangeaisons et plaques rouges assurées). Si vous connaissez d’autres composants sains, n’hésitez pas 😉

Un petit tour en vidéo des différents produits cités (toutes les marques qui figurent dans cette vidéo ont certains produits qui contiennent soit de l’hydroquinone, soit des corticoïdes – parfois hydroquinone et corticoïdes – soit du mercure)

Addiction

Une fois que ces personnes ont commencé, elles ont du mal à arrêter l’usage de ces produits pour certaines raisons : celui ou celle qui tente d’arrêter se retrouve avec un teint plus foncé que son teint originel, et tous les divers effets secondaires peuvent se manifester tous en même temps si le sevrage n’est pas progressif. Certaines de ces personnes finissent à l’hôpital, sur le moment, elles disent qu’elles vont arrêter mais dès qu’elles se rétablissent, elles réutilisent les crèmes blanchissantes.

Quelques images pour illustrer le genre de dégâts (que l’on voit également dans certaines vidéos)

Un tour d’horizon de cette pratique dans certains pays

Communément appelée « tchatcho » au Mali, « bojou » au Bénin, « xeesal » au Sénégal et « kobwakana » ou « kopakola » dans les deux Congo, la dépigmentation de la peau n’intéresse pas uniquement les peaux noires. De nombreuses asiatiques et indiennes y ont recours pour avoir un teint plus laiteux.

Xeesal – Xessal

Blanchir la peau noire, un acte fatal

Le passage à 2min46 où Isabelle Mananga-Ossey (ONG Label Beauté Noire) parle de femmes noires lui ayant confié qu’elles étaient mariées à des blancs qui les ont connues quand elles se dépigmentaient déjà la peau : y a rien de pire ! Car s’ils les avaient connues avec leur teint de peau naturel, elles n’auraient pas perdu leur chance pour autant : les occidentaux, en général, n’encouragent pas ce genre de pratique (sans doute parce qu’ils se doutent que c’est dangereux) ; ce sont plutôt des hommes de couleur qui peuvent tomber dans ce délire (je dis « des » et non « les », je ne généralise pas).

Ma mère a la peau chocolatée et raisonne comme la dermatologue du reportage Khadi Sy Bizet : elle n’ira pas se dénaturer pour plaire à un homme qui préfère les peaux plus claires et si un homme préfère une peau plus claire, alors qu’il se tourne vers une femme qui a une peau authentiquement plus claire ; ce n’est que du bon sens !

Le témoignage à 7min23 de Joseph Andjou, présentateur sur Canal+ depuis 6 ans, vient contratster avec les affirmations faciles de Pap Ndiaye qui est un peu dans la victimisation avec la stigmatisation des peaux foncées en métropole : la dictature de la couleur plus claire frappe plus les personnes sur le continent africain qu’en métropole ; et si ces personnes continuent en métropole, c’est qu’elles pensent inconsciemment que ça fonctionne à l’identitique de son pays d’origine, voire plus parce qu’elles se retrouvent au milieu de personnes occidentales… faut arrêter le délire 5 minutes ! Les occidentaux songent à bronzer plutôt qu’à rester avec un teint ultra clair. Harry Roselmack a fait également son chemin et pourtant il a une belle peau chocolatée ! Et d’ailleurs, je ne vois pas ce qu’il aurait à envier à un autre, c’est un beau gosse ! Il serait temps de sortir de ce carcan du statut de victime dans lequel s’enferment certaines personnes car elles ne se rendent pas du tout service.

Plus blanc tu meurs

La plupart des africain(e)s se rabattent sur des produits bon marché, compte tenu de leurs faibles revenus. La qualité de ces produits est souvent douteuse.

Ces produits, qui n’ont pas la même composition et les mêmes effets que les produits originaux légaux, occupent malheureusement une place non négligeable dans les activités économiques. Et les conditions de leurs productions échappent encore au contrôle des autorités. Les utilisateurs se procurent ces produits sur les marchés où ils circulent sans aucun contrôle et sont proposés par des revendeurs dépourvus de toute compétence en la matière. Or, ces produits utilisés contiennent des composants détournés des circuits pharmaceutiques officiels (voir listes des composants dans mes précédents posts), via divers réseaux parallèles, dont la composition complète est rarement précisée, et des préparations artisanales confectionnées sur place par mélanges, et comprenant plusieurs ingrédients dangereux (eau de javel, sels de mercure, etc.).

Le problème est que de nombreuses personnes recourent à ces produits sans consultation préalable d’un spécialiste, ce qui freine la prévention.

Cela dit, il n’y a pas qu’en Afrique que les produits blanchissants font des dégâts.

Dépigmentation en Inde (la crème blanchissante la plus vendue étant Fair & Lovely)

Le système de castes a laissé des lésions, on dirait. Leur teint mat est si beau (tout comme leur chevelure), quel gachis ! Une bonne nouvelle, néanmoins : l’industrie de la mode est en train d’évoluer, ce qui incitera moins de femmes à se dépigmenter… du moins, logiquement.

Dépigmentation en Égypte

Les cosmétiques éclaircissants en Asie, un cas à part

Il y a une énorme différence de qualité pour les cosmétiques coréens ou japonais : l’ingrédient couramment utilisé est l’arbutine (busserole), qui a un effet unifiant et légèrement éclaircissant (et non carrément dépigmentant). La fameuse marque coréenne SKIN79 BB Cream (Beblesh Balm) est d’ailleurs à base d’arbutine.

  L’arbutine provient de la busserole, arbrisseau des montagnes, appelé aussi raisin d’ours, à fruits rouges comestibles. Son nom scientifique est Arctostaphylos uva-ursi. Parmi les principaux constituants de la busserole on peut citer l’arbutine (ou arbutoside), dérivé naturel de l’hydroquinone (bêta-glucoside) qui, selon des études scientifiques, agit seulement sur les mélanocytes qui effectuent une synthèse excessive de la mélanine (taches de grossesse, vieillissement de la peau etc.). L’arbutine inhibe donc l’activité de la tyrosinase à des concentrations non cytotoxiques (qui a un pouvoir destructeur sur les cellules) et donc diminue la production de mélanine. Une particularité de cette nouvelle substance est non seulement de clarifier la peau, mais aussi de la clarifier uniformément. Cette substance permet donc d’uniformiser le teint sans irritation, sans effets secondaires si correctement dosée (il n’y a pas encore de règlementation de dosage en France ni même en Europe concernant sa teneur dans les produits éclaircissants ; en Suisse, je sais qu’elle est de 0,04%). Donc, toujours vérifier sa position dans la composition : si ce composant arrive vers la fin de liste, c’est qu’il est faiblement dosé et c’est correct ; par contre, s’il figure dans la première moitié de la liste INCI, y a de fortes chances que sa concentration soit importante et là, risques d’effets secondaires… et parmi ces effets secondaires, hypersensibilisation de la peau au soleil…

L’arbutine est également un antiseptique urinaire et intestinal actif sur les colibacilles, principaux germes responsables des infections urinaires.

On en trouve facilement en Europe (dans les zones humides), en Asie, en Amérique du sud, aux États-Unis, ainsi qu’à Madagascar (le paradis des plantes médicinales – beaucoup de Malgaches l’utilisent pour uniformiser leur teint). En France, en trouve facilement dans les Alpes du Sud à une altitude comprise entre 1000 m et 1800 m dans les bois de pins sylvestres.

Comme il y a des peaux de couleur qui cherchent à s’éclaircir la peau, il y a également le phénomène inverse : certaines peaux claires veulent avoir le teint hâlé, et certaines d’entre elles se lézardent des heures durant sur les plages, d’autres vont même jusqu’à faire des séances de bronzage artificiel dans les cabines à UV, qui sont tout aussi nocives pour la santé. Je créerai d’ailleurs un sujet là-dessus.

Sources : un rapport d’expertise de l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament, anciennement AFFSAPS) portant sur L’évaluation des risques liés à la dépigmentation volontaire ; un article du Mali Medical portant sur L’étude des complications de la dépigmentation artificielle en Mauritanie avec photos des dégâts à l’appui en dernière page ; un document du GTPN (Groupe thématique « peau noire » de la Société française de dermatologie) répertoriant les produits cosmétiques contenant des substances identifiées comme médicalement dangereuses (classées par catégories de substances nocives) ; 2 documents qui viennent compléter la liste du GTPN : celui de l’ANSM Liste des produits éclaircissants de la peau non conformes et dangereux identifiés en France et celui de la DGCCRF (aujourd’hui DDPP et DDCSPP) Produits de blanchiment de la peau dont une liste de produits saisis et retirés du marché depuis 2015 à partir de la fin de la 2e page ; un document de l’OMS Le mercure dans les produits éclaircissants pour la peau ;
Concernant la crème Civic listée dans le document, elle a fait l’objet d’un rappel dont on peut lire les détails sur 60 millions de consommateurs en raison de sa présence en propionate de clobétasol (glucocorticoïde très puissant).


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